- 1Mon premier est un grand récipient de terre cuite
- 2Mon second est un cousin du cerf
- =Mon tout est le mot à trouver.
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Jardin
jar+din=jardin
Mon premier, mon deuxième, mon tout. Chaque solution montre comment le mot se recompose syllabe par syllabe, ce qui est exactement ce dont on a besoin quand on bloque.
Mon premier miaule
Mon second se dit et s'écrit
Mon tout est le mot à trouver.
Chameau
cha + meau
Renouvelée chaque jour à minuit. Celle du .
Une charade ne décrit pas une chose. Elle découpe un mot en syllabes, fait deviner chaque morceau séparément, puis demande de recoller le tout. C'est une mécanique complètement différente de celle d'une devinette, et elle mobilise autre chose : l'oreille plutôt que l'imagination.
Le détail qui compte, et que beaucoup de gens n'ont jamais remarqué : la charade fonctionne sur les SONS, pas sur l'orthographe. Dans « mon premier est un félin, mon second recouvre le corps », le félin est un chat et la réponse est chapeau. Le mot chat perd son T en chemin, et personne ne s'en plaint. C'est ce qui rend le format à la fois souple et déroutant pour ceux qui cherchent une décomposition écrite.
C'est la partie que les recueils ne donnent jamais, et c'est pourtant la plus amusante. La méthode tient en quatre étapes.
Cette dernière règle est celle qu'on oublie le plus, y compris dans des recueils publiés. Elle est vérifiée automatiquement sur les 57 charades de cette page, et le contrôle en a rattrapé six au premier passage.
Un très grand nombre de mots français se terminent par les mêmes syllabes : eau, âge, tu, on. C'est une aubaine pour composer, et un piège pour publier. Si vous écrivez huit charades en âge et que vous indiquez chaque fois « mon second est le nombre d'années », votre page répète huit fois la même phrase.
Sur cette page, la syllabe âge revient sept fois et porte sept indices différents : ce qui augmente d'un chaque année, ce qui se demande rarement à une dame, ce qui se fête avec des bougies, ce qui grandit sans rétrécir, ce qui se compte en années, ce qui figure sur la carte d'identité, ce qui sépare l'enfant de l'adulte. Contrainte invisible pour le lecteur, mais c'est elle qui fait la différence entre un recueil et une liste.
La charade telle qu'on la connaît apparaît en France au dix-huitième siècle, dans les salons, comme divertissement de société. Le mot lui-même vient de l'occitan charrado, qui signifie causerie ou bavardage, ce qui en dit long sur l'usage qu'on en faisait : on ne les écrivait pas, on les disait.
Le format a traversé la Manche et s'est installé en anglais sous le même nom, mais il y a dérivé vers la charade mimée, celle qu'on joue en gestes sans parler. En français, la charade est restée verbale et syllabique. C'est l'une des rares formes de jeu de mots qui n'a pas d'équivalent direct en anglais, et c'est pourquoi les recueils traduits de l'anglais n'en contiennent jamais.
Jardin
jar+din=jardin
Charrue
char+rue=charrue
Fenêtre
fe+nêtre=fenêtre
Tapis
ta+pis=tapis
Citron
ci+tron=citron
Limace
li+mace=limace
Vertu
ver+tu=vertu
Parce que c'est ce qui manque partout ailleurs. Savoir que la réponse est « verglas » n'apprend rien à celui qui bloquait : voir « ver + glas » lui montre la mécanique, et lui permet d'en fabriquer d'autres. C'est aussi ce qui rassure l'enfant qui trouvait la solution absurde parce qu'il cherchait un découpage écrit.
Vers sept ou huit ans, un peu après les premières devinettes. Il faut savoir découper un mot en sons, ce qui s'acquiert avec l'apprentissage de la lecture. Avant, l'enfant entend le mot entier et ne peut pas le segmenter.
Trois est un bon plafond. Au-delà, la charade devient une liste de devinettes indépendantes et perd son rythme. Les charades de salon du dix-huitième siècle en comptaient parfois cinq, mais elles se déclamaient en vers, ce qui aidait à tenir l'attention.
Nulle part ici : ce n'est pas le même jeu. La charade mimée est un jeu de société anglo-saxon où l'on fait deviner un titre en gestes. La charade française est verbale et syllabique, et c'est celle de cette page.